Charavines, 38
2015
En équipe avec Antoine Baudy
L’enseignement du master Architecture, entre usages et paysages urbains à l’ENSAG, fait la part belle à l’étude du périurbain, ces espaces urbanisés de manière informelle entre villes et campagnes. Il s’agit pour cela de porter notre attention, à différentes échelles, sur les phénomènes sociaux convoqués par cette notion (mouvement pendulaire, loisir, mobilité, etc.) et sur le cadre paysager et architectural sur lequel le périurbain prend forme.
L’arpentage est en ce sens un outil essentiel à maitriser. Un arpentage à distance d’une part, sur fond de carte IGN et d’une analyse méthodologique des réseaux sociaux. Suivie d’un arpentage in-situ, élaboré en amont puis transformé par la prise de contact avec le terrain. Ce double arpentage entend avant tout construire un point de vue subjectif, personnel, sur le site permettant ainsi d’en saisir les enjeux et les potentiels.
Ce projet, dans l’arrière-pays du village de Charavines, sur les rives du lac Paladru, se constitue comme un pôle attracteur en vue de redynamiser le centre-bourg aujourd’hui à l’abandon. En équipe avec Antoine Baudy et fort d’un arpentage de plusieurs jours consécutifs sur site, nous proposons un programme de centre de réhabilitation pour sportifs de haut niveau et patients en fin d’hospitalisation longue. Ce projet se veut également comme un organisme ouvert à un tourisme alternatif local ou à destination de l’agglomération grenobloise.
Il fabrique dans ce paysage vallonné une ligne de crête surplombant le hameau des Tisserands. En inventant trois rapports singuliers à cette ligne de crête : s’éloigner, épaissir et traverser, il propose des ambiances architecturales variées, des projections dans le paysage et des lieux d’introspection et d’écoute.
Le choix du pisé pour la matérialité de ce projet est un aspect essentiel de cet exercice de conception. Dans la continuité de l’architecture vernaculaire du Dauphiné, le pisé est ici structurel, épais et isolant, il oriente les espaces selon un système de lignes de fuites dans le paysage. Enfin la lumière, tantôt rasante ou éclatante produit au contact du pisé un éventail d’ambiances lumineuses dont nous avons cherché à nous saisir.